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Diversification alimentaire du bébé

Quand et comment commencer la diversification alimentaire à 6 mois ? Aliments, textures, sécurité et conseils fondés sur les recommandations de l’OMS.

En bref :

  • La diversification alimentaire débute à partir de 6 mois révolus, conformément aux recommandations de l’OMS, avec l’accord du médecin qui suit l’enfant.
  • Le lait maternel ou infantile reste un aliment essentiel pendant toute la période de diversification alimentaire.
  • Introduire une grande variété d’aliments, puis faire évoluer progressivement leurs textures, favorise l’acceptation alimentaire à long terme.
  • Respecter les signaux de faim et de satiété de l’enfant est essentiel pour des repas sereins.

La diversification alimentaire est une étape clé du développement du nourrisson. Après plusieurs mois d’alimentation exclusivement lactée, le bébé commence à explorer de nouveaux aliments, textures et saveurs. Cette transition correspond à une réponse à l’évolution de ses besoins nutritionnels, de ses capacités physiologiques et de son développement moteur et sensoriel.

Quand débuter la diversification alimentaire ? Quels aliments proposer en priorité ? Comment respecter le rythme de l’enfant tout en garantissant sécurité et équilibre nutritionnel ?
À travers cet article, nous vous proposons un éclairage fondé sur les recommandations internationales, afin d’accompagner cette période en toute sérénité.

La diversification alimentaire désigne l’introduction progressive d’aliments autres que le lait dans l’alimentation du bébé. Elle marque le passage d’une alimentation exclusivement lactée à une alimentation plus variée, tout en maintenant le lait, maternel ou infantile, comme base nutritionnelle.

Les premiers aliments proposés sont généralement des légumes et des fruits, suivis progressivement par des féculents et des sources de protéines. Les textures évoluent graduellement, des purées lisses vers des aliments écrasés puis coupés en petits morceaux fondants, afin d’accompagner le développement de la mastication de l’enfant.

Cette période constitue une phase d’apprentissage majeure : le bébé développe son goût, affine ses compétences motrices orales et découvre une nouvelle relation à l’alimentation.

Répondre à l’évolution des besoins nutritionnels du bébé

À partir de 6 mois, les besoins nutritionnels du nourrisson augmentent. Certains nutriments, comme le fer, le zinc et certaines vitamines, ne peuvent plus être apportés en quantité suffisante par le lait seul. L’introduction d’aliments complémentaires permet donc de couvrir ces besoins croissants, tout en soutenant la croissance et le développement global de l’enfant.

Favoriser le développement du goût et de bonnes habitudes alimentaires

Les premières années de vie constituent une période clé pour la construction des préférences alimentaires. L’exposition répétée à une grande variété d’aliments et de saveurs, même en cas de refus initial, favorise une meilleure acceptation des aliments à long terme.

Une étape relationnelle et sociale

La diversification alimentaire ne se limite pas à des enjeux nutritionnels. Elle s’inscrit dans un cadre affectif et social : le bébé observe, imite et partage progressivement les moments de repas avec sa famille. Ces interactions participent à la construction d’une relation positive à l’alimentation.

L’Organisation mondiale de la Santé (OMS) recommande une alimentation exclusivement lactée jusqu’à l’âge de 6 mois, suivie de l’introduction d’aliments complémentaires appropriés, tout en poursuivant l’allaitement maternel jusqu’à 2 ans ou plus.[1]

Introduire les aliments complémentaires avant 6 mois n’apporte pas de bénéfice nutritionnel démontré et peut exposer à un risque accru d’infections digestives. À l’inverse, retarder la diversification au-delà de 6 mois peut augmenter le risque de carences nutritionnelles, notamment en fer.

Comment savoir si votre bébé est prêt pour la diversification alimentaire ?

Au-delà de l’âge, certains signes indiquent que le bébé est prêt à commencer la diversification :

  • Il tient bien sa tête et peut s’asseoir avec un soutien,
  • Il montre de l’intérêt pour les aliments consommés par les adultes,
  • Il porte spontanément des objets à sa bouche,
  • Le réflexe d’extrusion (rejet de la cuillère avec la langue) diminue.

Ces signes traduisent une maturité neuromotrice suffisante pour gérer des textures autres que le lait.

De 6 à 8 mois : les premières explorations

À ce stade, le lait reste l’aliment principal. Les aliments solides sont proposés en petites quantités, principalement pour la découverte gustative, à raison de 2 à 3 repas par jour.[1]

Les textures doivent, pour commencer, être lisses et homogènes. Les légumes (courgette, carotte, potiron) bien cuits et mixés en purée sont souvent introduits en premier, suivis des fruits cuits et mixés en compote (sans sucre ajouté). Les quantités sont modestes et augmentent progressivement selon l’appétit de l’enfant.

Les textures évolueront très progressivement vers des préparations plus épaisses (moulinées), puis écrasées. De nouveaux groupes d’aliments sont introduits progressivement :

  • Féculents (riz, pâtes, légumineuses…)
  • Protéines animales (viande, poisson, œuf, toujours bien cuits à cœur), en petites quantités.

Le saviez-vous ?
Les matières grasses jouent un rôle essentiel dans l’alimentation du bébé, notamment pour l’apport en acides gras essentiels (comme les oméga-3 et oméga-6), indispensables au développement du cerveau, du système nerveux et de la vision. Dès le début de la diversification alimentaire, ajouter une petite quantité de matière grasse crue (huile végétale adaptée, comme l’huile de colza ou un mélange d’huiles) aux purées et aux repas du bébé contribue à couvrir ces besoins nutritionnels spécifiques. Contrairement aux idées reçues, les matières grasses ne sont donc pas à limiter chez le jeune enfant : elles sont au contraire indispensables à sa croissance et à sa santé globale. 

De 8 à 23 mois : découverte des morceaux et structuration des repas

Vers l’âge de 8 mois, il est important de commencer à proposer à l’enfant des petits morceaux, cuits et bien fondants. Petit à petit, en suivant l’évolution des capacités de mastication de l’enfant, ces morceaux pourront être de moins en moins tendres.

Le rythme des repas commence à se structurer, à raison de 3 à 4 repas par jour pour des bébés de 9 à 23 mois, avec une ou deux collations en plus, si nécessaire.[1] 

Quantités et rythmes : suivre l’enfant est essentiel

Il n’existe pas de quantité universelle adaptée à tous les bébés. L’appétit varie selon l’âge, la croissance et les périodes de développement. L’objectif est de proposer des repas équilibrés tout en respectant les signaux de faim et de satiété.

Forcer un enfant à manger peut perturber sa capacité naturelle d’autorégulation. À l’inverse, un cadre rassurant et sans pression favorise une relation saine à l’alimentation.

Un indicateur à surveiller reste la courbe de croissance de l’enfant, avec un suivi régulier par un professionnel de santé.

Les données scientifiques récentes montrent que retarder l’introduction des aliments allergènes ne réduit pas le risque d’allergie. Il est désormais recommandé de les introduire progressivement, dès le début de la diversification alimentaire, sous des formes adaptées à l’âge de l’enfant.

Ainsi, certains fruits comme le kiwi ou la fraise, ou d’autres aliments comme l’œuf, l’arachide ou les fruits à coque (amandes, noisettes, etc.), allergènes fréquents, peuvent être proposés en petites quantités et sous une forme adaptée (en poudre ou en purée, par exemple), en surveillant la tolérance de l’enfant.

La diversification alimentaire est une étape progressive qui s’inscrit dans le développement global de l’enfant. Débutée à partir de 6 mois, elle permet de répondre à ses besoins nutritionnels en évolution, tout en accompagnant son apprentissage du goût et des textures. En respectant le rythme de votre bébé, en lui proposant des aliments variés et en maintenant le lait comme base de son alimentation, vous poserez les fondations d’une relation sereine et durable à l’alimentation.

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La sécurité repose également sur la prévention du risque d’étouffement : le bébé doit manger assis le dos bien droit, sous la surveillance permanente d’un adulte, avec des aliments bien cuits et présentés dans une texture adaptée à ses capacités de mastication.

Sources :

[1] : Alimentation du nourrisson et du jeune enfant, Organisation mondiale de la Santé (OMS), décembre 2023

WHO Guideline for complementary feeding of infants and young children 6–23 months of age, OMS, 2023

Dewey, K. (2003). Guiding principles for complementary feeding of the breastfed child, Pan American Health Organization. 

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